Dégradé de couleur
  Blogue   19 octobre 2026

Dans ma réalité de conseiller en développement durable

Par Simon Tremblay

Une forte pluie qui s’abat en quelques heures. Un sous-sol qui se remplit d’eau. Une route qui devient impraticable. Un terrain qui n’arrive plus à absorber toute cette eau.

Ce sont des situations qu’on aimerait évidemment éviter. Mais pour y arriver, il faut d’abord comprendre où et pourquoi elles se produisent.

C’est justement une partie de mon travail à la MRC du Domaine-du-Roy.

Je suis conseiller en développement durable depuis octobre 2024 et mon principal mandat est de coordonner l’élaboration du Plan climat de la MRC. Concrètement, je travaille à mieux comprendre les risques auxquels notre territoire est exposé, à déterminer où nous devons agir en priorité et à identifier les actions qui permettront de mieux nous adapter aux changements climatiques.

Et pour prendre de bonnes décisions, il faut d’abord bien connaître notre territoire.

 

Quand les données racontent le territoire

Un Plan climat, ce n’est pas seulement une liste de bonnes idées. Il faut être capable de comprendre ce qui se passe sur le territoire et de s’appuyer sur des données pour déterminer où agir en priorité.

En 2025, nous avons notamment réalisé un inventaire des émissions de gaz à effet de serre, en tenant compte des transports, du chauffage, de l’agriculture, de l’industrie et de plusieurs autres secteurs.

Nous travaillons aussi à mieux comprendre les risques climatiques. Par exemple, j’ai réalisé une cartographie des secteurs qui pourraient être touchés par des accumulations importantes d’eau lors de fortes pluies.

La même logique s’applique au verdissement urbain. Avant de déterminer où planter des arbres pour réduire les îlots de chaleur ou mieux gérer les eaux de pluie, il faut d’abord savoir où se trouve la canopée actuelle.

J’ai donc créé une base de données qui permet de connaître le couvert d’arbres dans les neuf périmètres urbains de la MRC. En croisant ces données avec les îlots de chaleur et certaines caractéristiques des quartiers, nous pouvons mieux cibler les secteurs où la plantation d’arbres pourrait avoir le plus d’impact.

C’est ce que j’aime dans mon travail : transformer des données en information utile pour prendre de meilleures décisions.

 

Le Plan climat : un travail collectif

Même si je coordonne la démarche, le Plan climat n’est pas un travail que je réalise seul.

Je travaille avec une équipe de projet qui réunit différents services de la MRC et des municipalités. Nous analysons les données, discutons des enjeux et déterminons les priorités d’action.

Je collabore également avec de nombreux partenaires du territoire, notamment des organismes environnementaux, communautaires et économiques, la santé publique, des acteurs du milieu scolaire et plusieurs autres.

Mon rôle est donc aussi de faire le lien entre les connaissances scientifiques, les réalités du territoire et les personnes qui devront éventuellement mettre les actions en œuvre.

Un de mes défis est d’ailleurs de rendre accessibles des concepts qui peuvent parfois sembler complexes. Mon expérience comme enseignant m’aide beaucoup dans cet aspect de mon travail.

 

Rendre banal l’extraordinaire

Un des défis du Plan climat est de faire en sorte que les considérations liées aux changements climatiques soient intégrées à l’ensemble de nos dossiers.

Dans les règlements d’urbanisme. Dans les projets d’ingénierie. Dans les programmes d’aide aux entreprises. Dans les décisions qui concernent l’aménagement du territoire.

Bref, que prendre en compte les changements climatiques devienne une façon normale de réfléchir et de planifier.

J’aime donc dire que je travaille à rendre banal l’extraordinaire.

Et parfois, cette réflexion nous amène aussi à sortir des cartes et des ordinateurs pour aller sur le terrain.

Dans le cadre d’un projet de piste cyclable à La Doré, par exemple, j’ai été appelé à évaluer un cours d’eau que l’infrastructure devait traverser. Il fallait analyser son évolution et les signes d’érosion, mais aussi aller observer directement les berges.

Je me suis donc retrouvé à marcher dans les broussailles, à descendre des talus et à patauger dans un milieu humide.

Disons que ce n’était pas une journée ordinaire!

 

Ta MRC, plus proche que tu penses

Les effets du travail en développement durable ne sont pas toujours faciles à voir. Parfois, la réussite consiste justement à éviter qu’un problème survienne.

Si vous avez déjà eu une inondation dans votre sous-sol, vous vous souvenez probablement de l’odeur du tapis gorgé d’eau, des morceaux de gypse à arracher et des heures passées au téléphone avec votre compagnie d’assurance.

Les impacts de mon travail peuvent être aussi concrets que ça.

En améliorant notre connaissance des risques d’inondation, de chaleur ou d’autres phénomènes liés aux changements climatiques, je travaille à ce que le territoire et la population de la MRC du Domaine-du-Roy soient moins exposés à ces risques.

Bien sûr, si une décision permet d’éviter qu’une maison soit construite dans un secteur à risque, on ne pourra jamais mesurer le dommage qui n’aura pas eu lieu. Mais c’est justement l’objectif : mieux connaître les risques pour pouvoir agir avant qu’ils deviennent des problèmes.

Le Plan climat permettra justement de rassembler ces connaissances, de déterminer les priorités et de guider les actions à poser au cours des prochaines années.

Et maintenant que cette démarche arrive à une étape importante, c’est le moment de la découvrir.

Le 21 octobre, la MRC vous invite à Parlons climat, à l’Hôtel Château Roberval. De 10 h à 18 h, un parcours informatif et participatif permettra de découvrir les objectifs et les mesures prioritaires du Plan climat à travers sept stations thématiques. Ce sera aussi l’occasion de poser vos questions et de discuter de la façon dont ces mesures pourraient être mises en œuvre sur le territoire.

Je vous y attends!