Dans ma réalité de conseillère en développement local – diversité et inclusion
Par Sarah-Lee Villeneuve
Quand 40 personnes montent dans un autobus sans savoir où elles s’en vont, il y a toujours un mélange d’excitation et de curiosité. Certaines se connaissent déjà. D’autres non. Certaines sont arrivées dans la MRC depuis quelques mois. D’autres y ont toujours vécu.
À la fin de la journée, elles ont tissé des liens entre elles.
C’est souvent à ce moment-là que je me dis : on est en train de construire quelque chose de significatif.
Cette réflexion résume bien ce que je ressens lorsque je pense à mon rôle comme conseillère en développement local à la MRC. Plus précisément, je suis responsable du déploiement du Plan d'action d'accueil et de la pleine participation des personnes immigrantes et des minorités ethnoculturelles.
J’ai choisi ce poste parce que je crois profondément que chaque action peut avoir un impact concret. Chaque rencontre, chaque projet, chaque activité est une occasion d’ouvrir le dialogue sur différentes réalités.
Créer des ponts
Concrètement, je contribue à mettre en place les conditions nécessaires pour que la MRC soit un endroit où les personnes immigrantes souhaitent s’établir… et surtout rester. L’objectif peut sembler vaste, toutefois il faut se rappeler que chaque geste compte.
Cela signifie travailler en collaboration avec mes collègues de la MRC, mais aussi avec les municipalités, les Comités d’accueil des nouveaux arrivants (CANA), les organismes communautaires, les institutions publiques et les autres MRC du Lac-Saint-Jean pour adopter des pratiques inclusives afin de mieux accompagner les nouveaux arrivants.
Par exemple, nous offrons des formations aux partenaires du milieu, nous lançons des appels de projets pour développer des activités de rapprochement interculturel et nous développons des outils de sensibilisation.
Un projet qui me vient spontanément en tête est celui réalisé avec le Comité d’accueil des nouveaux arrivants de Saint-Félicien. Après avoir identifié un enjeu lié à la méconnaissance des normes en sécurité incendie, nous avons organisé des soirées d’information en collaboration avec le Service de sécurité incendie. Au-delà de l’information transmise, ces rencontres ont permis aux personnes participantes de poser leurs questions, de rencontrer les préventionnistes et de démystifier leur travail.
C’est dans ce type d’actions concrètes que l’inclusion prend réellement forme.
Plusieurs dossiers m’amènent également à croiser mon expertise avec celles de mes collègues. Par exemple, je collabore avec un aménagiste de la MRC sur certains enjeux liés au logement. En combinant sa connaissance des aspects réglementaires et celle des réalités sociales du milieu, nous pouvons mieux accompagner les partenaires et réfléchir à des solutions adaptées aux personnes immigrantes.
Embarques-tu?
Parmi les initiatives qui me tiennent particulièrement à cœur, il y a l’activité Embarques-tu?.
Le concept est simple : 40 personnes montent dans un autobus pour visiter deux ou trois municipalités en une journée. Elles ne connaissent pas l’itinéraire à l’avance. Elles se laissent surprendre par les lieux, les rencontres et les activités proposées. Les objectifs sont clairs : provoquer des rencontres interculturelles et créer un sentiment d’appartenance au territoire.
Ce que j’aime le plus, c’est observer les échanges qui naissent naturellement. Voir des personnes qui ne se seraient peut-être jamais parlé, rire ensemble et partager leurs expériences. Ces conversations sont précieuses. Elles permettent de mieux se comprendre et, parfois, de déconstruire certains préjugés.
Un travail qui ne se voit pas toujours
Le développement des milieux prend du temps. J’aime l’image de la graine qu’on sème. Pour qu’elle pousse, il faut des partenaires engagés, du financement et de la patience. Les retombées ne sont pas toujours immédiates, mais elles sont durables.
Les personnes immigrantes peuvent faire face à plusieurs défis : comprendre les démarches administratives, s’y retrouver dans les services publics, faire reconnaître leurs compétences ou encore trouver leur place dans la communauté.
Mon rôle est de conseiller les partenaires du milieu qui souhaitent adapter leurs services selon les réalités vécues. C’est aussi de favoriser les rencontres interculturelles et d’encourager la participation citoyenne. Quand une personne décide de s’impliquer bénévolement dans un projet ou un comité, je vois cela comme un moment marquant. Dans un monde où le temps est précieux, choisir de contribuer à la vie collective est un geste fort.
Ta MRC, plus proche que tu penses
Au quotidien, mon travail consiste à créer des ponts et à soutenir celles et ceux qui souhaitent en construire. Et je ne le fais jamais seule : c’est un travail d’équipe, réalisé avec mes collègues de la MRC et de nombreux partenaires du milieu. Parce qu’au-delà des plans d’action et des programmes, ce sont les liens humains qui façonnent notre territoire.
Et ces liens, ils se tissent ici même, dans notre MRC.
