Dans ma réalité d'aménagiste
Par Oréli Simard
En vous promenant dans votre municipalité, vous êtes-vous déjà demandé pourquoi tout est organisé de cette façon? Pourquoi les commerces sont regroupés à certains endroits, alors que d’autres secteurs sont résidentiels, agricoles ou industriels?
Et si on regarde bien, tout est organisé de façon cohérente. Chaque décision a été réfléchie, planifiée et discutée bien avant que les premiers travaux ne débutent.
C’est là que mon travail commence.
Je suis aménagiste à la MRC, et mon rôle est de planifier le territoire pour qu’il réponde aux besoins d’aujourd’hui… et de demain. Sur un territoire comme le nôtre, où près de 30 000 personnes cohabitent avec des terres agricoles, des forêts et des milieux naturels protégés, chaque décision compte. Mon rôle est de trouver l’équilibre entre tous ces éléments pour développer un milieu de vie de qualité, de façon durable.
Planifier à long terme
Une grande partie de mon travail consiste à mettre en œuvre le Schéma d’aménagement et de développement de la MRC. Derrière ce terme un peu technique se cache un outil essentiel : il permet de planifier l’organisation du territoire à long terme, en tenant compte des réalités du milieu et des besoins de la population.
Sans ce type de planification, on pourrait retrouver de grandes usines en plein quartier résidentiel ou des fermes au centre-ville. Le Schéma d’aménagement et de développement vient structurer le territoire et assurer une cohérence.
En ce moment, nous sommes d’ailleurs en pleine révision de ce schéma. C’est un exercice important qui nous demande de concilier les besoins des municipalités avec les orientations du gouvernement.
Par exemple, il faut prévoir suffisamment d’espace pour accueillir de nouvelles familles… sans pour autant surdimensionner les zones de développement.
Ce sont des choix qui demandent beaucoup de réflexion, parce qu’ils auront un impact pendant plusieurs années.
Un travail concret, mais souvent invisible
Une part de mon temps est dédiée aux municipalités afin de les soutenir dans leurs décisions en urbanisme.
Par exemple, une municipalité peut recevoir une demande pour implanter un nouveau commerce ou développer un projet résidentiel. Mais parfois, le règlement de zonage municipal en place ne permet pas ce type de projet.
Dans ces situations, nous travaillons ensemble pour voir comment adapter la réglementation, tout en respectant le cadre établi à l’échelle de la MRC et du Québec.
J’interviens aussi dans des dossiers plus complexes, notamment en zone agricole. Actuellement, nous travaillons à identifier les secteurs où il serait possible de construire de nouvelles résidences plus facilement. L’objectif est de simplifier les démarches pour les citoyens et de faciliter l’accès à de nouveaux espaces de vie.
Ce sont des décisions qui peuvent sembler techniques, mais qui ont des impacts très concrets sur la vie des gens.
Répondre aux réalités d’aujourd’hui
Parmi les enjeux qui influencent actuellement mon travail, il y a notamment la question du logement.
Dans les derniers mois, nous avons réfléchi à des façons d’offrir plus de flexibilité pour répondre aux besoins de la population. Par exemple, nous avons assoupli certaines règles pour favoriser la construction de maisons intergénérationnelles et d’unités d’habitation accessoires, comme un logement secondaire aménagé sur un terrain déjà occupé.
Ces ajustements visent à offrir plus d’options aux citoyens, que ce soit pour accueillir un proche, accéder à une première propriété ou optimiser l’espace déjà disponible.
Protéger et planifier pour l’avenir
Mon travail ne se limite pas au Schéma d’aménagement et de développement. Par exemple, j’ai aussi collaboré à l’élaboration du Plan régional des milieux humides et hydriques. Il s’agit d’un outil de planification territoriale qui permet d’évaluer la qualité des milieux humides et hydriques sur le territoire et de prévoir des actions afin d’améliorer ou de préserver leur état. Ça paraît bien abstrait, mais ce qu’il faut savoir, c’est que ces milieux jouent un rôle essentiel et nous rendent de précieux services : ils peuvent limiter les inondations, filtrer l’eau et favoriser la biodiversité.
En gros, peu importe le mandat sur lequel je travaille, l’objectif est toujours le même : organiser le territoire de façon réfléchie, sans compromettre ce qui le rend unique.
Ta MRC, plus proche que tu penses
J’ai choisi ce métier parce qu’il me permet de contribuer directement au développement de ma MRC.
Aujourd’hui plus que jamais, l’aménagement du territoire doit tenir compte de nouveaux défis : changements climatiques, pression sur le logement, protection des milieux naturels. Cela nous amène à repenser certaines façons de faire et à innover.
Parce qu’au final, l’aménagement du territoire, ce n’est pas seulement une question de règlements. C’est une façon de construire des milieux de vie.
Et ces milieux de vie, ce sont les nôtres.
